Pub Date : 2024-07-12DOI: 10.20870/productions-animales.2024.37.2.7355
G. Martin, Augustine Perrin, Soizick Rouger
En France, l’élevage bovin laitier en agriculture biologique s’est développé sur tout le territoire et la filière a atteint une certaine maturité. Cette synthèse propose une lecture de ce développement au prisme de la notion d’équilibre face à une multitude de risques. Au niveau de la ferme, la pratique de l’agriculture biologique reconfigure les équilibres entre surfaces et troupeaux. Elle modifie la gestion de la santé et incite à trouver de nouveaux équilibres prévenant l’apparition des problèmes. Elle déplace les équilibres économiques avec des rapports modifiés entre prix du lait et des intrants. Elle transforme le travail et interroge l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Enfin, elle modifie les relations entre la ferme et son environnement, notamment ses interlocuteurs. Au niveau de la filière, son développement rapide pose de multiples défis qui interrogent l’équilibre des relations entre production, collecte et transformation, et consommation. La production de lait biologique est plus saisonnée alors que la transformation et la distribution demandent des livraisons homogènes sur l’année. Le maintien d’un équilibre entre production et consommation de produits laitiers biologiques est fragile et repose sur un jeu d’acteurs complexe avec un marché tendant à se globaliser.
{"title":"L’élevage bovin laitier en agriculture biologique, une quête d’équilibre à tous les niveaux","authors":"G. Martin, Augustine Perrin, Soizick Rouger","doi":"10.20870/productions-animales.2024.37.2.7355","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2024.37.2.7355","url":null,"abstract":"En France, l’élevage bovin laitier en agriculture biologique s’est développé sur tout le territoire et la filière a atteint une certaine maturité. Cette synthèse propose une lecture de ce développement au prisme de la notion d’équilibre face à une multitude de risques. Au niveau de la ferme, la pratique de l’agriculture biologique reconfigure les équilibres entre surfaces et troupeaux. Elle modifie la gestion de la santé et incite à trouver de nouveaux équilibres prévenant l’apparition des problèmes. Elle déplace les équilibres économiques avec des rapports modifiés entre prix du lait et des intrants. Elle transforme le travail et interroge l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Enfin, elle modifie les relations entre la ferme et son environnement, notamment ses interlocuteurs. Au niveau de la filière, son développement rapide pose de multiples défis qui interrogent l’équilibre des relations entre production, collecte et transformation, et consommation. La production de lait biologique est plus saisonnée alors que la transformation et la distribution demandent des livraisons homogènes sur l’année. Le maintien d’un équilibre entre production et consommation de produits laitiers biologiques est fragile et repose sur un jeu d’acteurs complexe avec un marché tendant à se globaliser.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"4 1","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2024-07-12","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"141654495","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2024-07-12DOI: 10.20870/productions-animales.2024.37.2.7398
L. Montagné, L. Alibert, Cécile MD BONNEFONT, J. Choisis, A. Durpoix, H. Gilbert, Souhil Harchaoui, C. Larzul, B. Lebret, Sarah Lombard, G. Martel, M. Moraine, L. Picgirard, Thomas Puech, J. Faure
La production porcine française en AB est très diversifiée de par ses élevages, notamment en termes de taille avec de nombreux ateliers à faibles effectifs ; de par la commercialisation des produits, avec une filière longue bien implantée dans le grand ouest de la France, et des filières courtes plus territorialisées ; et de par la multiplicité de ses acteurs spécifiques à l’AB ou mixtes. Bien que le nombre de truies certifiées en AB ait doublé entre 2016 et 2021, il ne représente que 1,9 % du cheptel français. Face à ce constat, une étude a été réalisée par le consortium ORIGAMI (INRAE-Métabio) pour comprendre les freins et leviers au développement de cette production. Des entretiens de 21 porteurs de projets ont permis d’identifier 164 freins et 231 leviers. Des analyses en composantes multiples suivies d’une classification ont mis en évidence sept types de freins et six types de leviers en fonction de leur niveau d’organisation (de l’animal au territoire) et du maillon de la filière qu’ils concernent (de l’agrofourniture à la consommation). L’interprétation de ces typologies permet d’identifier des thèmes de recherche pour relever les principaux défis identifiés. Ces thèmes concernent l’acquisition de références techniques spécifiques pour l’AB, la meilleure articulation entre filières et territoires, la promotion des débouchés des produits, mais aussi la formation des acteurs actuels et futurs et la communication auprès du grand public. Ces sujets sont des pistes de réflexion pour la construction de projets transdisciplinaires de recherche ou recherche-action avec les acteurs des filières.
{"title":"Quels défis au développement de la production porcine en agriculture biologique en France ?","authors":"L. Montagné, L. Alibert, Cécile MD BONNEFONT, J. Choisis, A. Durpoix, H. Gilbert, Souhil Harchaoui, C. Larzul, B. Lebret, Sarah Lombard, G. Martel, M. Moraine, L. Picgirard, Thomas Puech, J. Faure","doi":"10.20870/productions-animales.2024.37.2.7398","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2024.37.2.7398","url":null,"abstract":"La production porcine française en AB est très diversifiée de par ses élevages, notamment en termes de taille avec de nombreux ateliers à faibles effectifs ; de par la commercialisation des produits, avec une filière longue bien implantée dans le grand ouest de la France, et des filières courtes plus territorialisées ; et de par la multiplicité de ses acteurs spécifiques à l’AB ou mixtes. Bien que le nombre de truies certifiées en AB ait doublé entre 2016 et 2021, il ne représente que 1,9 % du cheptel français. Face à ce constat, une étude a été réalisée par le consortium ORIGAMI (INRAE-Métabio) pour comprendre les freins et leviers au développement de cette production. Des entretiens de 21 porteurs de projets ont permis d’identifier 164 freins et 231 leviers. Des analyses en composantes multiples suivies d’une classification ont mis en évidence sept types de freins et six types de leviers en fonction de leur niveau d’organisation (de l’animal au territoire) et du maillon de la filière qu’ils concernent (de l’agrofourniture à la consommation). L’interprétation de ces typologies permet d’identifier des thèmes de recherche pour relever les principaux défis identifiés. Ces thèmes concernent l’acquisition de références techniques spécifiques pour l’AB, la meilleure articulation entre filières et territoires, la promotion des débouchés des produits, mais aussi la formation des acteurs actuels et futurs et la communication auprès du grand public. Ces sujets sont des pistes de réflexion pour la construction de projets transdisciplinaires de recherche ou recherche-action avec les acteurs des filières.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"35 6","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2024-07-12","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"141654075","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2024-06-03DOI: 10.20870/productions-animales.2024.37.2.7444
M. Benoît, L. Steinmetz, Dorian Flechet, L. Piet, Thomas Poméon
L’agriculture biologique (AB) représentait 10,3 % de la surface agricole française en 2021. Ce mode de production est régi par un cahier des charges européen et des principes qui, combinés à une relation privilégiée aux consommateurs, conduisent à développer des systèmes de production se distinguant généralement de ceux de l’agriculture conventionnelle. L’Agence Bio, structure de coordination nationale en charge du développement, de la promotion et de la structuration de l’AB française, gère une base de données recensant tous les opérateurs français certifiés en AB et qui alimente l’observatoire national de l’agriculture biologique (ONAB). Grâce à cette base, nous avons pu affiner la connaissance des fermes françaises entièrement engagées en AB et ayant une activité d’élevage. Après une présentation globale permettant d’identifier des grands types de fermes en fonction de leur degré de spécialisation animale et du type de production végétale associée, nous analysons huit filières de production majeures : bovins et ovins lait et viande, caprins, poules pondeuses, poulets de chair et porcs. Pour chacune, nous précisons la localisation géographique des fermes tout en tenant compte de leur dimension et de leur gradient de diversification en élevage. Cette première analyse met en évidence la forte incidence de la présence locale de filières d’élevage conventionnelles historiques ayant développé un segment AB, avec a priori des répercussions sur la dimension des ateliers et sur le niveau et le type de diversification des élevages. Ces derniers éléments semblent ainsi être en interaction avec les modes de commercialisation, en particulier de type circuit court ou circuit long.
2021 年,有机农业将占法国农业用地的 10.3%。这种生产方式受欧洲规范和原则的约束,加上与消费者的特殊关系,导致生产系统的发展与传统农业普遍不同。Agence Bio 是负责法国有机农业发展、推广和结构化的国家协调机构,它管理着一个数据库,其中列出了所有获得有机认证的法国经营者,并将其输入国家有机农业观察站(ONAB)。有了这个数据库,我们得以进一步了解法国完全致力于有机农业并从事畜牧业的农场。在根据畜牧业专业化程度和相关作物生产类型确定主要农场类型的概述之后,我们分析了八个主要生产部门:奶牛、肉牛和绵羊、山羊、蛋鸡、肉鸡和猪。对于每一个部门,我们都明确了农场的地理位置,同时考虑到其规模和畜牧业多样化的梯度。这一初步分析凸显了当地历史悠久的传统畜牧业的强大影响,这些传统畜牧业已发展出 AB 部分,对作坊的规模以及农场多样化的水平和类型产生了先验影响。这些因素似乎还与营销方法,特别是短期或长期分销渠道相互影响。
{"title":"Les productions d’élevage en AB en France : structures des fermes, répartition spatiale et évolution récente","authors":"M. Benoît, L. Steinmetz, Dorian Flechet, L. Piet, Thomas Poméon","doi":"10.20870/productions-animales.2024.37.2.7444","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2024.37.2.7444","url":null,"abstract":"L’agriculture biologique (AB) représentait 10,3 % de la surface agricole française en 2021. Ce mode de production est régi par un cahier des charges européen et des principes qui, combinés à une relation privilégiée aux consommateurs, conduisent à développer des systèmes de production se distinguant généralement de ceux de l’agriculture conventionnelle. L’Agence Bio, structure de coordination nationale en charge du développement, de la promotion et de la structuration de l’AB française, gère une base de données recensant tous les opérateurs français certifiés en AB et qui alimente l’observatoire national de l’agriculture biologique (ONAB). Grâce à cette base, nous avons pu affiner la connaissance des fermes françaises entièrement engagées en AB et ayant une activité d’élevage. Après une présentation globale permettant d’identifier des grands types de fermes en fonction de leur degré de spécialisation animale et du type de production végétale associée, nous analysons huit filières de production majeures : bovins et ovins lait et viande, caprins, poules pondeuses, poulets de chair et porcs. Pour chacune, nous précisons la localisation géographique des fermes tout en tenant compte de leur dimension et de leur gradient de diversification en élevage. Cette première analyse met en évidence la forte incidence de la présence locale de filières d’élevage conventionnelles historiques ayant développé un segment AB, avec a priori des répercussions sur la dimension des ateliers et sur le niveau et le type de diversification des élevages. Ces derniers éléments semblent ainsi être en interaction avec les modes de commercialisation, en particulier de type circuit court ou circuit long.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"4 2","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2024-06-03","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"141272712","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2024-03-22DOI: 10.20870/productions-animales.2024.37.1.7554
Léa Cappelaere, W. Lambert, Josselin LE COUR GRANDMAISON, A. Simongiovanni, Marie-Pierre LÉTOURNEAU-MONTMINY
La production porcine est responsable d’environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’élevage mondial et doit réduire ses impacts. Ces émissions de GES, comptabilisées en sortie de ferme, sont liées à la production d’aliment et la gestion des effluents, pour 60 % et 30 % respectivement. La réduction du taux de protéines alimentaires peut agir sur ces deux sources. Cette revue synthétise les connaissances actuelles sur les bénéfices de cette stratégie pour réduire l’impact changement climatique (CC) en relation avec les matières premières utilisées et la réduction des émissions azotées. Une analyse de cycle de vie (ACV) à l’échelle de l’aliment montre que le CC est réduit de 8 % par point de réduction du taux protéique, grâce au remplacement des matières premières plus impactantes (produits du soja). Ces bénéfices sont dépendants des matières premières disponibles et utilisées, du choix des bases de données d’évaluation environnementale et du contexte technico-économique. La modélisation des émissions azotées en fonction des performances, mise à jour par méta-analyse, permet d’effectuer une ACV en sortie de ferme. Une réduction du CC par kg de porc de 10 % pour un point de baisse du taux protéique est atteignable. Cependant, des lacunes méthodologiques et de connaissances subsistent pour correctement évaluer cette stratégie : facteurs d’émission du N2O, prise en compte de l’utilisation des effluents pour la fertilisation, effet sur les performances zootechniques. Par ailleurs, des évolutions structurelles sont nécessaires pour faciliter la mise en pratique, comme la rémunération des externalités positives.
养猪业排放的温室气体(GHG)约占全球畜牧业排放总量的 10%,因此需要减少其影响。这些温室气体排放量在农场门口就已计算在内,与饲料生产和污水管理有关,分别占 60% 和 30%。降低日粮蛋白质水平可对这两个来源产生影响。本综述总结了目前关于该策略在减少气候变化(CC)影响方面的益处的知识,涉及所使用的原材料和氮排放量的减少。饲料层面的生命周期评估(LCA)显示,由于替代了影响更大的原材料(大豆制品),蛋白质每减少一点,CC 就会减少 8%。这些效益取决于可获得和使用的原材料、环境评估数据库的选择以及技术和经济环境。通过荟萃分析更新氮排放量与性能关系的模型,可以在农场门口进行生命周期评估。蛋白质含量每下降一个点,每公斤猪的 CC 就可减少 10%。然而,在对这一战略进行适当评估之前,仍有一些方法和知识方面的空白需要填补:一氧化二氮排放系数、考虑使用污水进行施肥、对动物技术性能的影响等。此外,还需要进行结构改革以促进实施,例如为积极的外部效应提供报酬。
{"title":"Nutrition protéique du porc et changement climatique : état des lieux et perspectives","authors":"Léa Cappelaere, W. Lambert, Josselin LE COUR GRANDMAISON, A. Simongiovanni, Marie-Pierre LÉTOURNEAU-MONTMINY","doi":"10.20870/productions-animales.2024.37.1.7554","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2024.37.1.7554","url":null,"abstract":"La production porcine est responsable d’environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’élevage mondial et doit réduire ses impacts. Ces émissions de GES, comptabilisées en sortie de ferme, sont liées à la production d’aliment et la gestion des effluents, pour 60 % et 30 % respectivement. La réduction du taux de protéines alimentaires peut agir sur ces deux sources. Cette revue synthétise les connaissances actuelles sur les bénéfices de cette stratégie pour réduire l’impact changement climatique (CC) en relation avec les matières premières utilisées et la réduction des émissions azotées. Une analyse de cycle de vie (ACV) à l’échelle de l’aliment montre que le CC est réduit de 8 % par point de réduction du taux protéique, grâce au remplacement des matières premières plus impactantes (produits du soja). Ces bénéfices sont dépendants des matières premières disponibles et utilisées, du choix des bases de données d’évaluation environnementale et du contexte technico-économique. La modélisation des émissions azotées en fonction des performances, mise à jour par méta-analyse, permet d’effectuer une ACV en sortie de ferme. Une réduction du CC par kg de porc de 10 % pour un point de baisse du taux protéique est atteignable. Cependant, des lacunes méthodologiques et de connaissances subsistent pour correctement évaluer cette stratégie : facteurs d’émission du N2O, prise en compte de l’utilisation des effluents pour la fertilisation, effet sur les performances zootechniques. Par ailleurs, des évolutions structurelles sont nécessaires pour faciliter la mise en pratique, comme la rémunération des externalités positives.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":" 23","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2024-03-22","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"140218813","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2024-03-12DOI: 10.20870/productions-animales.2024.37.2.7372
M. Benoît, Pietro Barbieri, B. Dumont
Les activités d’élevage sont fortement questionnées pour leurs impacts négatifs sur l’environnement, en particulier le changement climatique, et vis-à-vis de la compétition pour l’utilisation des surfaces agricoles. Depuis peu, elles sont en outre confrontées aux fortes tensions sur les ressources énergétiques. Nous montrons ici que, dans le contexte européen et français, le développement à grande échelle d’un élevage mettant en œuvre les principes de l’agriculture biologique, fortement inscrit dans la transition agroécologique, conduit à une reconception des systèmes agricoles et des régimes alimentaires. Face à l’augmentation du prix de l’énergie, nous montrons que les activités d’élevage vont perdre en compétitivité face à l’utilisation de surfaces arables dédiées à l’alimentation humaine ou à la production d’énergie. D’autre part, les produits animaux vont aussi devenir moins accessibles pour le consommateur qui voit son pouvoir d’achat baisser. Une issue pour l’élevage est de se recentrer sur l’utilisation de surfaces non cultivables et sur une large gamme de coproduits. Nous montrons que la mise en œuvre de pratiques d’élevage biologique est en totale cohérence avec ces enjeux. Une telle évolution renforcerait par ailleurs les services que les systèmes d’élevage peuvent rendre à la collectivité. Néanmoins, des freins à cette transition des systèmes de culture et d’élevage demeurent, notamment les stratégies et l’organisation actuelles des filières. Le rôle des politiques publiques est donc crucial pour anticiper une évolution qui semble inéluctable, et accompagner ces transitions.
{"title":"Quel élevage pour une agriculture biologique performante ?","authors":"M. Benoît, Pietro Barbieri, B. Dumont","doi":"10.20870/productions-animales.2024.37.2.7372","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2024.37.2.7372","url":null,"abstract":"Les activités d’élevage sont fortement questionnées pour leurs impacts négatifs sur l’environnement, en particulier le changement climatique, et vis-à-vis de la compétition pour l’utilisation des surfaces agricoles. Depuis peu, elles sont en outre confrontées aux fortes tensions sur les ressources énergétiques. Nous montrons ici que, dans le contexte européen et français, le développement à grande échelle d’un élevage mettant en œuvre les principes de l’agriculture biologique, fortement inscrit dans la transition agroécologique, conduit à une reconception des systèmes agricoles et des régimes alimentaires. Face à l’augmentation du prix de l’énergie, nous montrons que les activités d’élevage vont perdre en compétitivité face à l’utilisation de surfaces arables dédiées à l’alimentation humaine ou à la production d’énergie. D’autre part, les produits animaux vont aussi devenir moins accessibles pour le consommateur qui voit son pouvoir d’achat baisser. Une issue pour l’élevage est de se recentrer sur l’utilisation de surfaces non cultivables et sur une large gamme de coproduits. Nous montrons que la mise en œuvre de pratiques d’élevage biologique est en totale cohérence avec ces enjeux. Une telle évolution renforcerait par ailleurs les services que les systèmes d’élevage peuvent rendre à la collectivité. Néanmoins, des freins à cette transition des systèmes de culture et d’élevage demeurent, notamment les stratégies et l’organisation actuelles des filières. Le rôle des politiques publiques est donc crucial pour anticiper une évolution qui semble inéluctable, et accompagner ces transitions.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"118 16","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2024-03-12","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"140250697","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2024-03-08DOI: 10.20870/productions-animales.2024.37.1.7951
E. Delanoue, M. Gelin, Alizée Chouteau, A. Dockes, C. Roguet, R. Baumont
Les métiers des filières d’élevage souffrent d’un manque d’attractivité. Un groupe de travail du GIS Avenir Élevages s’est donné pour objectif d’analyser ce manque d’attractivité afin d’y remédier. Ce groupe a conduit de nombreuses enquêtes qualitatives et quantitatives entre 2019 et 2021 pour répondre à plusieurs questions : Quels sont, aujourd’hui, les métiers de l’élevage en tension et quels sont leurs facteurs d’attractivité ? Quelles sont les attentes des personnes susceptibles de les exercer ? Comment pourront évoluer les métiers des filières de l’élevage et leur attractivité d’ici 10 à 15 ans ? Dans un premier temps, un état des lieux des métiers en tension et de leurs facteurs d’attractivité a été réalisé à partir de la bibliographie et d’entretiens auprès d’acteurs des filières d’élevage. Des freins à l’attractivité, communs aux différents métiers, ont été mis en évidence : leur image est mitigée, la rémunération est faible, les conditions de travail sont perçues comme difficiles, et leur accès peut être compliqué. Toutefois, certaines caractéristiques de ces métiers attirent les jeunes, comme le contact avec les animaux et la diversité des tâches inhérents au secteur de l’amont, et le sentiment d’être utile à la société. Dans un second temps, un travail prospectif à moyen terme a été réalisé avec un groupe d’experts et de professionnels de l’élevage. Les métiers de l’élevage ont été décrits dans quatre scénarios prospectifs : un scénario « anti-élevage » ; un scénario « alternatif » ; un scénario « libéral » ; et un scénario « diversification et montée en gamme de l’élevage ». Ces travaux invitent à réfléchir à des pistes d’amélioration de l’attractivité des filières d’élevage, comme une meilleure communication sur la diversité des métiers qu’elles proposent et une amélioration des conditions de travail.
{"title":"Comment améliorer l’attractivité des métiers des filières d’élevage ? État des lieux et prospective à l’horizon 2035","authors":"E. Delanoue, M. Gelin, Alizée Chouteau, A. Dockes, C. Roguet, R. Baumont","doi":"10.20870/productions-animales.2024.37.1.7951","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2024.37.1.7951","url":null,"abstract":"Les métiers des filières d’élevage souffrent d’un manque d’attractivité. Un groupe de travail du GIS Avenir Élevages s’est donné pour objectif d’analyser ce manque d’attractivité afin d’y remédier. Ce groupe a conduit de nombreuses enquêtes qualitatives et quantitatives entre 2019 et 2021 pour répondre à plusieurs questions : Quels sont, aujourd’hui, les métiers de l’élevage en tension et quels sont leurs facteurs d’attractivité ? Quelles sont les attentes des personnes susceptibles de les exercer ? Comment pourront évoluer les métiers des filières de l’élevage et leur attractivité d’ici 10 à 15 ans ? Dans un premier temps, un état des lieux des métiers en tension et de leurs facteurs d’attractivité a été réalisé à partir de la bibliographie et d’entretiens auprès d’acteurs des filières d’élevage. Des freins à l’attractivité, communs aux différents métiers, ont été mis en évidence : leur image est mitigée, la rémunération est faible, les conditions de travail sont perçues comme difficiles, et leur accès peut être compliqué. Toutefois, certaines caractéristiques de ces métiers attirent les jeunes, comme le contact avec les animaux et la diversité des tâches inhérents au secteur de l’amont, et le sentiment d’être utile à la société. Dans un second temps, un travail prospectif à moyen terme a été réalisé avec un groupe d’experts et de professionnels de l’élevage. Les métiers de l’élevage ont été décrits dans quatre scénarios prospectifs : un scénario « anti-élevage » ; un scénario « alternatif » ; un scénario « libéral » ; et un scénario « diversification et montée en gamme de l’élevage ». Ces travaux invitent à réfléchir à des pistes d’amélioration de l’attractivité des filières d’élevage, comme une meilleure communication sur la diversité des métiers qu’elles proposent et une amélioration des conditions de travail.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"47 8","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2024-03-08","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"140257319","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2023-12-20DOI: 10.20870/productions-animales.2023.36.4.7871
G. Daumas
La filière porcine a pour finalité essentielle de produire de la viande commercialisable. Depuis un demi-siècle, l’exigence majeure en termes de composition des carcasses concerne la teneur en viande maigre. Cette teneur est prédite dans les abattoirs par des méthodes de classement autorisées au niveau européen. La définition de cette teneur a changé en 2018 et les États membres l’adoptent progressivement. De nouveaux modèles d’appareils, utilisant les ultrasons, la visionique ou l’induction magnétique, sont apparus sur le marché, permettant pour certains d’accéder à de nouvelles mesures. Le développement de la production de mâles entiers a modifié la composition du cheptel dans beaucoup de pays. Les objectifs de cette synthèse sont de faciliter la compréhension des modalités de classement dans l’UE, de faire le point sur les méthodes autorisées et leur précision, d’anticiper les prochains changements et d’émettre quelques recommandations pour une bonne utilisation des résultats individuels de classement. Au 1er janvier 2023, 126 méthodes de classement, utilisant une vingtaine d’appareils, relevant de quatre technologies, étaient autorisées dans l’UE. Seuls huit pays avaient des méthodes prédisant le nouveau critère de référence. Les technologies à induction magnétique et ultrasons sont en moyenne plus précises que celles utilisant la réflectance et la visionique. Les méthodes automatiques sont également plus précises. Néanmoins, une très grande variabilité existe selon les méthodes, l’erreur de prédiction étant comprise entre 1,1 et 2,5 points de pourcentage de muscle. Bien que la règlementation européenne ait permis d’atteindre un certain degré d’harmonisation du classement entre États membres, des biais entachent la comparabilité des résultats.
{"title":"Classification des carcasses de porc dans l’Union européenne : aperçu historique et défis d’harmonisation","authors":"G. Daumas","doi":"10.20870/productions-animales.2023.36.4.7871","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2023.36.4.7871","url":null,"abstract":"La filière porcine a pour finalité essentielle de produire de la viande commercialisable. Depuis un demi-siècle, l’exigence majeure en termes de composition des carcasses concerne la teneur en viande maigre. Cette teneur est prédite dans les abattoirs par des méthodes de classement autorisées au niveau européen. La définition de cette teneur a changé en 2018 et les États membres l’adoptent progressivement. De nouveaux modèles d’appareils, utilisant les ultrasons, la visionique ou l’induction magnétique, sont apparus sur le marché, permettant pour certains d’accéder à de nouvelles mesures. Le développement de la production de mâles entiers a modifié la composition du cheptel dans beaucoup de pays. Les objectifs de cette synthèse sont de faciliter la compréhension des modalités de classement dans l’UE, de faire le point sur les méthodes autorisées et leur précision, d’anticiper les prochains changements et d’émettre quelques recommandations pour une bonne utilisation des résultats individuels de classement. Au 1er janvier 2023, 126 méthodes de classement, utilisant une vingtaine d’appareils, relevant de quatre technologies, étaient autorisées dans l’UE. Seuls huit pays avaient des méthodes prédisant le nouveau critère de référence. Les technologies à induction magnétique et ultrasons sont en moyenne plus précises que celles utilisant la réflectance et la visionique. Les méthodes automatiques sont également plus précises. Néanmoins, une très grande variabilité existe selon les méthodes, l’erreur de prédiction étant comprise entre 1,1 et 2,5 points de pourcentage de muscle. Bien que la règlementation européenne ait permis d’atteindre un certain degré d’harmonisation du classement entre États membres, des biais entachent la comparabilité des résultats.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"40 4","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2023-12-20","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"138954526","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2023-12-20DOI: 10.20870/productions-animales.2023.36.4.7489
M. Colin, J. Delarue, Clarisse Palacios, François Lebas, Christophe Claveau, Marion VAN LISSUM, Laura Caillaud, Frank Lebreton, A. Prigent
Ce travail présente une méthode permettant d’augmenter la consommation en DHA de la population sans accroitre le prélèvement halieutique, grâce à la production de produits provenant d’animaux terrestres nourris avec des aliments contenant du DHA provenant de microalgues de culture et d’ALA provenant du lin extrudé. Après une identification des espèces fixant le DHA en quantité importante (pondeuse, lapins, poulet de chair), des essais réalisés sur ces animaux (21 sur pondeuses, 9 sur lapins, 6 sur poulets de chair) ont permis de déterminer les conditions d’enrichissement en DHA ainsi que les teneurs en cet acide gras que l’on peut atteindre dans ces produits. Ainsi, avec cette alimentation, le contenu en DHA des œufs est de 200 mg / 100 grammes soit 3,5 fois plus qu’un œuf standard; pour le lapin (par exemple, la gigolette), cette valeur est également de 200 mg / 100 grammes soit 10 fois plus qu’une viande de lapin standard; et pour le poulet de chair (par exemple, le blanc) 83 mg / 100 grammes soit 4 fois plus qu’une viande de poulet de chair standard. La plupart de ces produits peuvent alléguer « Riche en oméga 3 » ou « Source d’oméga 3 ». Ces différents aliments peuvent être associés dans des menus permettant d’atteindre les recommandations d’ingestion de DHA sans augmenter la consommation de poisson, améliorant ainsi la santé de la population et celle de la planète dans le respect des habitudes alimentaires.
这项研究提出了一种在不增加鱼类捕捞量的情况下增加居民 DHA 消费量的方法,即用含有养殖微藻产生的 DHA 和挤压亚麻产生的 ALA 的饲料喂养陆生动物,生产产品。在确定了可大量固定 DHA 的物种(蛋鸡、兔子、肉鸡)之后,对这些动物进行了试验(21 只蛋鸡、9 只兔子、6 只肉鸡),以确定 DHA 的富集条件以及这些产品中可达到的脂肪酸水平。在这种日粮中,鸡蛋的 DHA 含量为 200 毫克/100 克,即比标准鸡蛋高 3.5 倍;兔肉(如兔排)的 DHA 含量也为 200 毫克/100 克,即比标准兔肉高 10 倍;肉鸡(如鸡胸肉)的 DHA 含量为 83 毫克/100 克,即比标准肉鸡肉高 4 倍。这些产品大多可以宣称 "富含欧米伽 3 "或 "欧米伽 3 的来源"。可以将这些不同的食品组合在菜单中,在不增加鱼类摄入量的情况下达到建议的 DHA 摄入量,从而在尊重饮食习惯的同时改善人口和地球的健康。
{"title":"Des produits issus d’animaux terrestres recevant une alimentation enrichie en DHA algal peuvent contribuer à la couverture des besoins en cet acide gras essentiel","authors":"M. Colin, J. Delarue, Clarisse Palacios, François Lebas, Christophe Claveau, Marion VAN LISSUM, Laura Caillaud, Frank Lebreton, A. Prigent","doi":"10.20870/productions-animales.2023.36.4.7489","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2023.36.4.7489","url":null,"abstract":"Ce travail présente une méthode permettant d’augmenter la consommation en DHA de la population sans accroitre le prélèvement halieutique, grâce à la production de produits provenant d’animaux terrestres nourris avec des aliments contenant du DHA provenant de microalgues de culture et d’ALA provenant du lin extrudé. Après une identification des espèces fixant le DHA en quantité importante (pondeuse, lapins, poulet de chair), des essais réalisés sur ces animaux (21 sur pondeuses, 9 sur lapins, 6 sur poulets de chair) ont permis de déterminer les conditions d’enrichissement en DHA ainsi que les teneurs en cet acide gras que l’on peut atteindre dans ces produits. Ainsi, avec cette alimentation, le contenu en DHA des œufs est de 200 mg / 100 grammes soit 3,5 fois plus qu’un œuf standard; pour le lapin (par exemple, la gigolette), cette valeur est également de 200 mg / 100 grammes soit 10 fois plus qu’une viande de lapin standard; et pour le poulet de chair (par exemple, le blanc) 83 mg / 100 grammes soit 4 fois plus qu’une viande de poulet de chair standard. La plupart de ces produits peuvent alléguer « Riche en oméga 3 » ou « Source d’oméga 3 ». Ces différents aliments peuvent être associés dans des menus permettant d’atteindre les recommandations d’ingestion de DHA sans augmenter la consommation de poisson, améliorant ainsi la santé de la population et celle de la planète dans le respect des habitudes alimentaires.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"501 ","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2023-12-20","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"139170464","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2023-12-20DOI: 10.20870/productions-animales.2023.36.4.7453
S. Réhault-Godbert, M. Bourin, J. Gautron, M. Quentin
Une problématique majeure de la filière avicole est l’absence de valorisation des frères des poules pondeuses, du fait de leur faible rendement en viande. Ce constat, qui questionne l’éthique de la production, concerne 50 millions de poussins mâles en France et 7,5 milliards dans le monde, ces animaux étant jusqu’à récemment, éliminés après sexage et tri à l’éclosion. Cette prise de conscience, largement médiatisée ces dernières années, a conduit à la publication d’un décret, le 5 février 2022, interdisant la mise à mort des mâles des lignées de l’espèce Gallus gallus destinées à la production des œufs de consommation. Trois alternatives ont été proposées depuis les premières réflexions sur le sujet : 1) élever les frères de pondeuses et identifier des marchés de valorisation, 2) créer de nouveaux croisements génétiques entre souches « Chair » et souches « Ponte » où les descendantes femelles seraient valorisées pour les œufs et les descendants mâles pour leur viande (souches « mixtes »), et 3) développer des outils de sexage in ovo (ou ovosexage) pour détecter puis éliminer les œufs contenant un embryon mâle avant éclosion. Cette dernière approche est la seule viable techniquement et économiquement parlant, et utilisable par la filière actuellement. Elle réunit de nombreux atouts, en termes de faisabilité pour la mise en œuvre dans les couvoirs, et d’acceptabilité à la fois par le consommateur, le citoyen et les professionnels. Cette revue fait le point sur le contexte socio-économique et les techniques d’ovosexage actuellement disponibles, tout en introduisant quelques repères physiologiques d’embryologie aviaire qui permettent de mieux comprendre les contraintes associées au développement de techniques à des stades précoces de développement.
{"title":"Fin de l’élimination des poussins mâles d’un jour : le choix du sexage in ovo","authors":"S. Réhault-Godbert, M. Bourin, J. Gautron, M. Quentin","doi":"10.20870/productions-animales.2023.36.4.7453","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2023.36.4.7453","url":null,"abstract":"Une problématique majeure de la filière avicole est l’absence de valorisation des frères des poules pondeuses, du fait de leur faible rendement en viande. Ce constat, qui questionne l’éthique de la production, concerne 50 millions de poussins mâles en France et 7,5 milliards dans le monde, ces animaux étant jusqu’à récemment, éliminés après sexage et tri à l’éclosion. Cette prise de conscience, largement médiatisée ces dernières années, a conduit à la publication d’un décret, le 5 février 2022, interdisant la mise à mort des mâles des lignées de l’espèce Gallus gallus destinées à la production des œufs de consommation. Trois alternatives ont été proposées depuis les premières réflexions sur le sujet : 1) élever les frères de pondeuses et identifier des marchés de valorisation, 2) créer de nouveaux croisements génétiques entre souches « Chair » et souches « Ponte » où les descendantes femelles seraient valorisées pour les œufs et les descendants mâles pour leur viande (souches « mixtes »), et 3) développer des outils de sexage in ovo (ou ovosexage) pour détecter puis éliminer les œufs contenant un embryon mâle avant éclosion. Cette dernière approche est la seule viable techniquement et économiquement parlant, et utilisable par la filière actuellement. Elle réunit de nombreux atouts, en termes de faisabilité pour la mise en œuvre dans les couvoirs, et d’acceptabilité à la fois par le consommateur, le citoyen et les professionnels. Cette revue fait le point sur le contexte socio-économique et les techniques d’ovosexage actuellement disponibles, tout en introduisant quelques repères physiologiques d’embryologie aviaire qui permettent de mieux comprendre les contraintes associées au développement de techniques à des stades précoces de développement.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"36 21","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2023-12-20","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"138955695","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2023-12-20DOI: 10.20870/productions-animales.2023.36.4.7558
Rahul Avi, J. Repérant, F. Bussière, Anne Silvestre, Jean-François LE ROUX, David Moreaud, J. González
La coccidiose aviaire est l'un des défis les plus importants et les plus persistants auxquels est confrontée l'industrie avicole mondiale, entraînant une baisse de productivité due aux dommages intestinaux causés par le protozoaire apicomplexe intracellulaire Eimeria. Le cycle de vie d'Eimeria est complexe, caractérisé par des stades intra- et extracellulaires. Le stade intracellulaire induit une réponse inflammatoire en partie responsable de la formation de lésions tissulaires, des hémorragies diarrhéiques, une mauvaise croissance, une sensibilité accrue à d'autres agents pathogènes et, dans certains cas sévères (E. tenella et E. necatrix), une forte mortalité. Une bonne gestion sanitaire est indispensable pour prévenir la coccidiose chez les poulets. L'administration d'anticoccidiens dans les aliments peut également réduire efficacement l’intensité de l’infection par Eimeria. Cependant, leur utilisation à grande échelle et sur une longue durée a entraîné le développement de résistances à ces additifs dans le monde entier. Des vaccins vivants non atténués et atténués ont été développés mais ils présentent certaines limites. En plus des méthodes conventionnelles de prévention et de contrôle, les produits phytogéniques émergent comme alternative pour contrôler la coccidiose aviaire. Les recherches en cours sur la sélection génétique et des vaccins recombinants et sous-unitaires sont prometteuses pour la prévention, mais leur efficacité et leur adoption dans l'industrie avicole restent à démontrer. De plus, comme alternatives aux coccidiostatiques, des stratégies utilisant des extraits naturels sont plus acceptées par les consommateurs et sont de plus en plus étudiées. Cet article présente donc une vue d'ensemble de l'impact économique de la coccidiose chez les poulets sur la production et aborde les stratégies intégrées de la santé pour contrôler la coccidiose chez les poulets.
禽球虫病是全球家禽业面临的最大、最持久的挑战之一,由于细胞内 apicomplexan 原生动物埃默氏菌造成的肠道损伤,导致生产力下降。埃默氏菌的生命周期复杂,分为细胞内和细胞外两个阶段。细胞内阶段会引起炎症反应,部分原因是组织病变、腹泻出血、生长不良、对其他病原体的易感性增加,在某些严重病例(E. tenella 和 E. necatrix)中,死亡率很高。良好的卫生管理对预防鸡球虫病至关重要。在饲料中添加抗球虫药也能有效降低艾美耳感染的强度。然而,抗球虫药的广泛和长期使用已导致世界各地对这些添加剂产生抗药性。目前已开发出非减毒活疫苗和减毒活疫苗,但它们都有一定的局限性。除了传统的预防和控制方法外,植物源产品正在成为控制禽球虫病的一种替代方法。目前正在进行的基因选择、重组疫苗和亚单位疫苗研究在预防方面很有前景,但其有效性和在家禽业中的应用仍有待证实。此外,作为球虫抑制剂的替代品,使用天然提取物的策略更容易被消费者接受,研究也越来越多。因此,本文概述了鸡球虫病对生产的经济影响,并讨论了控制鸡球虫病的综合保健策略。
{"title":"La coccidiose chez les poulets domestiques : revue sur les stratégies de prévention et de contrôle","authors":"Rahul Avi, J. Repérant, F. Bussière, Anne Silvestre, Jean-François LE ROUX, David Moreaud, J. González","doi":"10.20870/productions-animales.2023.36.4.7558","DOIUrl":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2023.36.4.7558","url":null,"abstract":"La coccidiose aviaire est l'un des défis les plus importants et les plus persistants auxquels est confrontée l'industrie avicole mondiale, entraînant une baisse de productivité due aux dommages intestinaux causés par le protozoaire apicomplexe intracellulaire Eimeria. Le cycle de vie d'Eimeria est complexe, caractérisé par des stades intra- et extracellulaires. Le stade intracellulaire induit une réponse inflammatoire en partie responsable de la formation de lésions tissulaires, des hémorragies diarrhéiques, une mauvaise croissance, une sensibilité accrue à d'autres agents pathogènes et, dans certains cas sévères (E. tenella et E. necatrix), une forte mortalité. Une bonne gestion sanitaire est indispensable pour prévenir la coccidiose chez les poulets. L'administration d'anticoccidiens dans les aliments peut également réduire efficacement l’intensité de l’infection par Eimeria. Cependant, leur utilisation à grande échelle et sur une longue durée a entraîné le développement de résistances à ces additifs dans le monde entier. Des vaccins vivants non atténués et atténués ont été développés mais ils présentent certaines limites. En plus des méthodes conventionnelles de prévention et de contrôle, les produits phytogéniques émergent comme alternative pour contrôler la coccidiose aviaire. Les recherches en cours sur la sélection génétique et des vaccins recombinants et sous-unitaires sont prometteuses pour la prévention, mais leur efficacité et leur adoption dans l'industrie avicole restent à démontrer. De plus, comme alternatives aux coccidiostatiques, des stratégies utilisant des extraits naturels sont plus acceptées par les consommateurs et sont de plus en plus étudiées. Cet article présente donc une vue d'ensemble de l'impact économique de la coccidiose chez les poulets sur la production et aborde les stratégies intégrées de la santé pour contrôler la coccidiose chez les poulets.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"74 17","pages":""},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2023-12-20","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"138956871","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}